Pour écrire sur un sujet chiant sans perdre sa motivation, le rédacteur doit essayer de trouver un angle inattendu, d’utiliser l’IA pour le premier jet, d’alterner avec des projets stimulants ou de se mettre dans la peau d’un lecteur curieux. Il peut aussi refuser la mission ou demander un tarif plus important, mais éviter le défi n’est pas toujours la solution.
Vous vous êtes lancé dans la rédaction de contenus, car vous aimiez écrire. Mais après quelque temps, vous découvrez que certains projets sont chiants. Il peut s’agir du sujet, inintéressant à vos yeux. Ou de thématiques qui reviennent encore et toujours dans votre carnet de commandes. Ou du style soporifique imposé par un client. Bref, les raisons sont multiples. Le résultat, quant à lui, est toujours le même : vous procrastinez grave. Vous vous détestez. Vous passez plus de temps devant votre frigo que devant votre écran. Cela nuit à votre physique et à votre mental. Alors, que faire pour surmonter ce burn-out rédactionnel ? Comment trouver la force d’écrire sur un sujet chiant ?
Les solutions d’évitement

Après quelques années d’expérience, vous repérez plus facilement ces sujets mortifères. Vous pouvez donc adopter des solutions d’évitement, dont :
- Demander un tarif plus élevé : le bonus étant destiné à compenser la perte d’une partie de votre âme, vous pouvez demander 50 % de plus. Certains rédacteurs vont jusqu’à faire payer le double. Vous avez peur de ne pas obtenir la mission ? Oui, c’est l’objectif.
- Transférer le projet à un autre rédacteur : il ne s’agit pas d’une manipulation machiavélique par laquelle vous refilez votre mission insipide à une âme innocente. Il s’agit d’une collaboration informelle avec d’autres freelances qui vous permet de répartir les projets en fonction de vos appétences respectives. Tous les goûts sont dans la nature. Ce qui vous semble assommant peut s’avérer passionnant pour une autre personne.
Les solutions d’affrontement
C’est trop tard, vous avez accepté le projet. Et en cours de route, vous vous rendez compte qu’il creuse un abysse spirituel au fond de votre être. D’ici peu, vous commencerez à remettre en cause l’utilité de votre travail, votre choix de carrière et le sens de votre vie. C’est le burn-out rédactionnel.

Avant d’en arriver là, je vous conseille d’essayer quelques stratégies pour faire face à cette mission assommante :
- Travailler avec de la musique, un podcast, voire un film en fond sonore. Cela dépend du niveau de précision nécessaire pour réaliser le projet. Dans certains cas, vous devez vous contenter de musique instrumentale pour adoucir la tâche sans perdre votre concentration.
- Scinder votre temps : organisez votre emploi du temps en courtes sessions de travail, entrecoupées de petites pauses durant lesquelles vous effectuez une activité qui vous plaît.
- Scinder le projet : découpez le projet en microtâches et octroyez-vous une courte pause dès que vous en avez terminé une. Les microtâches afférentes à la rédaction d’un article peuvent être la réalisation des recherches, la création d’une structure détaillée, la rédaction de chaque partie (introduction, paragraphes, conclusion, titre), la relecture à voix haute, la reformulation du texte, la correction du français et une dernière relecture.
- Limiter la durée de votre journée de travail : si vous perdez beaucoup de temps à procrastiner, la solution peut être de réduire votre temps de travail. Essayez d’établir des journées de 4 ou 5 heures au cours desquelles vous êtes entièrement concentré sur votre tâche et n’effectuez aucune pause. Cela peut sembler brutal, mais le cerveau s’habitue rapidement.
- Identifier vos heures de productivité : les textes que vous rédigez dans l’après-midi sont insipides, voire mauvais ? Alors, ne perdez plus votre temps à travailler pendant cette période. Privilégiez la matinée et la soirée pour réaliser l’essentiel de votre travail, en particulier lorsqu’un projet est assommant.
- Fixer des échéances et vous y tenir : si vous avez 10 jours pour écrire un texte sur un sujet que vous détestez, vous y consacrerez 10 jours marqués d’improductivité et de frustration. Même s’il peut être écrit en quelques heures. Pour éviter cela, fixez-vous une échéance réaliste et faites preuve de discipline pour la respecter. Est-ce que cette technique nécessite un effort de volonté quasi surhumain ? Oui. Mais vous gagnerez 9 jours d’apaisement.
- Attendre la dernière minute : incroyable tout ce que l’on peut accomplir lorsqu’on a seulement quelques heures pour y parvenir. Si vous êtes d’un naturel joueur et que vous aimez la prise de risques, alors attendez la dernière minute pour commencer à travailler.
- Penser à la récompense : ce projet vous permet-il de faire un achat qui vous fait vraiment plaisir ? Alors, gardez cette motivation en tête lorsque vous avez envie de cuisiner un repas 3 services, laver votre linge à la main, récurer les toilettes à la brosse à dents, nettoyer le congélateur… bref, toutes ces choses que vous ne feriez pas si vous aviez un projet intéressant.
- Acquérir un vélo bureau : si votre équilibre — et votre portefeuille — le permet, investissez dans l’une de ces tables soudées à un vélo d’appartement grâce auxquelles vous pouvez bouger tout en travaillant.
- Faire du sport : ajouter une séance de jogging ou de yoga dans votre journée peut vous aider à vous vider la tête.
L’acceptation (ou syndrome de Stockholm rédactionnel)
À force d’écrire sur une thématique, vous apprenez à la connaître et à l’apprécier. Elle n’est plus ce sujet barbant et vaguement étranger. Elle devient un puzzle familier. Vous jouez avec. Vous formulez des hypothèses. Et vous y prenez du plaisir.
Alors, n’abandonnez pas trop rapidement lorsque vous recevez une demande a priori rébarbative. Essayez de lui laisser une chance, faites des recherches, développez vos connaissances et trouvez un angle original capable de rendre l’écriture plus agréable.
Mais surtout, ne perdez pas de vue que votre inconfort n’est que temporaire. Lorsque vous êtes en train d’écrire sur un sujet chiant, vous avez l’impression d’avoir besoin de 15 jours de vacances pour vous remettre, mais dans l’heure qui suit la remise du texte cauchemardesque, vous êtes à nouveau plein d’énergie (et prêt à accepter une nouvelle mission).

