Sur le Web, la norme est d’écrire à l’indicatif présent. Sans surprise, vu qu’il permet d’exprimer le réel. (Or, vous ne racontez pas de fadaises dans vos articles, n’est-ce pas ?)
Mais il ne permet pas de montrer la chronologie entre deux actions ou de raconter une histoire. D’autres temps, voire d’autres modes, sont alors nécessaires, ce qui peut vous plonger dans le doute : quel mode utiliser ? Comment harmoniser les différents temps d’une phrase ?
C’est là qu’intervient la concordance des temps. Grâce à cet ensemble de règles grammaticales, vous indiquez si l’action secondaire s’est passée avant, en même temps ou après l’action principale dans une phrase complexe (c’est-à-dire une phrase composée d’une proposition principale et d’une ou plusieurs subordonnées).
Et si vous ne vous souvenez plus de ces règles essentielles, découvrez un petit rappel pratique ci-dessous.

Les grands principes de la concordance des temps
Trois relations possibles entre les actions
La concordance des temps s’applique aux phrases complexes contenant plusieurs actions. Trois relations peuvent exister entre ces actions.
- D’abord, l’antériorité, lorsque l’action de la subordonnée a lieu avant l’action de la principale. C’est le cas dans « Il a dit qu’il avait mangé » où l’action de manger précède celle de dire.
- Ensuite, la simultanéité, lorsque les deux actions ont lieu en même temps. C’est le cas dans « Il dit qu’il est malade », car l’action de dire et d’être malade arrivent au même moment.
- Enfin, la postériorité, lorsque l’action de la subordonnée a lieu après l’action de la principale. Dans « Il a dit qu’il partirait demain », l’action de la principale précède et annonce l’action de la subordonnée.
Selon Le Robert, la clé pour choisir le bon temps dans la subordonnée, c’est toujours de partir du temps utilisé dans la proposition principale. Les règles diffèrent selon que le temps de la principale appartient aux temps de l’indicatif :
- présent ou futur ;
- passé.
Le verbe de la principale est au présent ou au futur
Dans ce cas, on distingue trois situations :
- Pour exprimer la simultanéité, on met le verbe de la subordonnée au présent de l’indicatif. Par exemple, dans « Je pense qu’il mange », l’action de manger se déroule en même temps que celle de penser.
- Pour exprimer l’antériorité, on utilise généralement le passé composé ou l’imparfait. Ainsi, dans « Je pense qu’il a mangé », l’action de manger a eu lieu avant le moment où l’on pense. Notez qu’un autre temps du passé pourrait aussi être utilisé s’il se prête mieux au contexte.
- Pour exprimer la postériorité, on emploie le futur simple dans la subordonnée. Par exemple, dans « Il dit qu’il mangera bientôt », l’action de manger aura lieu après le moment où le sujet parle.
| Relation entre les actions | Temps de la subordonnée |
|---|---|
| Antériorité | Passé composé ou imparfait |
| Simultanéité | Présent |
| Postériorité | Futur simple |
Le verbe de la principale est au passé
Dans ce cas, on observe trois manières d’accorder les temps.
- Pour exprimer la simultanéité, le verbe de la subordonnée se met habituellement à l’imparfait (« Je dormais pendant qu’il travaillait », par exemple). Il peut aussi être au passé simple lorsque l’action de la proposition subordonnée est brève ou soudaine (par exemple, « Je mangeais lorsqu’il arriva »).
- Pour indiquer l’antériorité, on utilise le plus-que-parfait lorsque l’on décrit une action habituelle dans le passé « Je dormais lorsque j’avais fini de travailler. » Pour décrire une action unique dans le passé, vous devriez opter pour le passé simple dans la principale et le passé antérieur dans la subordonnée. Par exemple, « Je mangeai après qu’il fut arrivé. » Il est toutefois assez rare de rencontrer ce type de phrase sur le Web 😉.
- Pour montrer la postériorité, utilisez le conditionnel présent (ou passé selon le contexte et le temps passé utilisé dans la principale) dans la subordonnée. Par exemple, « Il a affirmé qu’il serait là. »
| Relation entre les actions | Temps de la subordonnée |
|---|---|
| Antériorité | Plus-que-parfait |
| Simultanéité | Imparfait |
| Postériorité | Conditionnel présent ou passé |
Les cas particuliers de la concordance des temps
Les propositions subordonnées introduites par « si »
Dans les phrases mentionnant une hypothèse, la proposition subordonnée est introduite par « si ». Alors que normalement, vous utilisez le temps de la principale pour déterminer le temps de la subordonnée, vous devez faire l’inverse en cas de subordonnée de condition. Vous partez du temps utilisé dans la subordonnée pour trouver le temps de la principale.
- Lorsque le verbe de la subordonnée est conjugué au présent de l’indicatif, la principale est au futur simple. Par exemple « S’il arrive, je partirai. » Cette structure est utilisée lorsqu’on parle d’une hypothèse possible (qui peut se réaliser) immédiatement ou dans un futur proche. Notez que si vous voulez donner plus de force à la déclaration, vous pouvez mettre le verbe de la proposition principale à l’indicatif présent. Par exemple, « S’il arrive, je pars. »
- Lorsque le verbe de la subordonnée est conjugué à l’imparfait, le conditionnel présent doit être utilisé dans la principale. Par exemple, « S’il venait, je partirais. » Cette structure est utilisée pour présenter une situation potentielle, mais moins probable.
- Lorsque le verbe de la subordonnée est conjugué au plus-que-parfait, le conditionnel passé doit être utilisé dans la principale. Par exemple, « S’il était venu, je serais parti. » Cette structure est utilisée pour décrire une hypothèse non réalisée, un évènement qui aurait pu se produire dans le passé.
| Temps de la subordonnée | Temps de la principale | Type d’hypothèse |
|---|---|---|
| Si + présent | Futur simple | Hypothèse possible |
| Si + imparfait | Conditionnel présent | Hypothèse potentielle, mais moins probable |
| Si + plus-que-parfait | Conditionnel passé | Hypothèse non réalisée |
Les cas nécessitant l’emploi du subjonctif
Le subjonctif sert à exprimer l’incertitude dans les propositions subordonnées
Lorsque vous souhaitez exprimer un souhait, une crainte, un doute ou quelque chose d’incertain, vous devez utiliser le subjonctif dans la proposition subordonnée.
Selon L’essentiel de Bescherelle, ce mode s’applique donc lorsque le verbe de la principale exprime :
- La volonté ou le désir. Par exemple « Je veux que tu viennes », « Il faut que tu partes », « Il est préférable que tu t’assoies ».
- Un sentiment ou une appréciation. Par exemple, « Je regrette qu’il vienne », « Je m’étonne qu’il soit venu », « Je suis ravie qu’il pleuve ».
Vous pouvez aussi appliquer le subjonctif à la place de l’indicatif lorsque la principale contient les verbes « penser » et « croire » à la forme interrogative ou négative. Grâce au subjonctif, vous renforcez l’incertitude de l’action décrite dans la phrase. Par exemple :
- « Je ne pense pas qu’il ment/mente » (choix entre l’indicatif et le subjonctif)
- « Pensez-vous qu’il ment/mente » (choix entre l’indicatif et le subjonctif)
Enfin, le subjonctif s’utilise aussi après certaines conjonctions comme « afin que », « pour que », « jusqu’à ce que », « avant que », « quoique », « bien que »…
La concordance des temps avec le subjonctif
Pour savoir quel temps du subjonctif utiliser, vous devez examiner le temps du verbe de la proposition principale.
Lorsque le verbe de la principale est au présent ou au futur :
- si l’action de la subordonnée est simultanée ou postérieure à celle de la principale, alors on utilise le subjonctif présent. Par exemple, « Je veux que tu conduises ».
- si l’action de la subordonnée est antérieure à celle de la principale, alors on utilise le subjonctif passé. Par exemple, « Je regrette que Noël soit déjà passé. »
| Relation entre les actions | Temps de la subordonnée |
|---|---|
| Simultanéité et postériorité | Subjonctif présent |
| Antériorité | Subjonctif passé |
Lorsque le verbe de la principale est au passé, les prix Nobel de littérature utilisent le subjonctif imparfait ou plus-que-parfait. Les rédacteurs web soucieux d’être compris de tous, en revanche, y substituent le subjonctif présent et passé en suivant ces règles :
- si l’action de la subordonnée est simultanée ou postérieure à celle de la principale, alors on utilise le subjonctif présent. Par exemple, « Je voulais que tu conduises. »
si l’action de la subordonnée est antérieure à celle de la principale, alors on utilise le subjonctif passé. Par exemple, « Je regrettais que Noël soit déjà passé. »
| Relation entre les actions | Temps de la subordonnée (langage soutenu) | Temps de la subordonnée (langage courant) |
|---|---|---|
| Simultanéité et postériorité | Subjonctif imparfait | Subjonctif présent |
| Antériorité | Subjonctif plus-que-parfait | Subjonctif passé |
Le tableau récapitulatif de la concordance des temps
La concordance des temps n’est pas une règle à apprendre par cœur, c’est une habitude de cohérence à développer. Lorsque vous comprenez que les temps verbaux servent simplement à situer les actions les unes par rapport aux autres, vous les harmonisez plus facilement. Et vos textes gagnent en clarté, en fluidité et en crédibilité.

