Les Connecteurs Logiques : Guide Complet (+ liste en PDF)

En tant que correctrice, j’ai souvent reçu des textes écrits par des élèves soucieux d’écrire des phrases courtes, assimilant cela à des phrases claires. Le problème, c’est que cela résulte souvent en des paragraphes hachés, sans fil conducteur, où chaque idée flotte dans son coin. Le lecteur avance, mais il doit sans cesse reconstituer lui-même le lien entre les phrases. Franchement, c’est épuisant.

Ce que ces textes ont en commun ? L’absence quasi totale de connecteurs logiques.

Le malentendu est compréhensible. On a tellement entendu qu’il fallait « aller à l’essentiel », « supprimer les mots inutiles », qu’on finit par amputer aussi les mots de liaison, comme si « parce que », « pourtant » ou « c’est pourquoi » étaient du remplissage. Ils ne le sont pas. Ce sont des instructions de lecture. Ils disent au lecteur comment interpréter les mots qui suivent : est-ce une explication ? Une contradiction ? Une conséquence ?

Sans eux, le texte est court, mais difficile à suivre.

Un connecteur logique ne rallonge pas une phrase. (Ok, un peu, mais ce n’est pas important.) Il la rend lisible.

C’est pourquoi j’ai décidé de rassembler ici les principaux connecteurs logiques utilisés en français avec leurs nuances, leurs contextes d’usage et les erreurs les plus fréquentes. À garder sous la main lors de vos relectures.

C’est quoi, les connecteurs logiques ?

Les connecteurs logiques sont des mots ou des expressions qui relient des phrases ou des propositions pour exprimer des relations logiques entre elles.

Il peut s’agir de mots de liaison, de conjonctions, d’adverbes, de marqueurs discursifs, etc. 

Ils permettent de structurer le texte, d’assurer la cohérence des idées et de guider le lecteur à travers le raisonnement de l’auteur.

Quelles sont les catégories de connecteurs logiques ?

Pour structurer efficacement vos écrits, il est essentiel de connaître les différentes catégories de connecteurs logiques. Au nombre de 15, chacune a un rôle précis, facilitant la transition et la compréhension de vos idées : cause, but, conséquence, restriction, opposition, addition, alternative, comparaison, concession, conclusion, reformulation, temps, condition, classification, explication et illustration.

Connecteurs de cause

Les connecteurs de cause expliquent pourquoi quelque chose se produit. Ils sont utilisés pour indiquer la raison ou la cause d’une action ou d’un événement. Il s’agit notamment de « parce que », « car », « puisque ». Mais attention, je vois trop souvent ces connecteurs utilisés comme des synonymes, alors qu’ils répondent à ces besoins spéciques.

Parmi les autres connecteurs de cause, on trouve « faute de », « grâce à », « du fait que », « en raison de » et « étant donné que ». Mais attention, si vous êtes attentif aux textes générés par les IA, vous vous rendrez vite compte que les deux derniers sont surexploités, en particulier par ChatGPT. Il est préférable de les remplacer par « car » ou « parce que », plus simples, mais moins stylés IA.

Connecteurs de conséquence

Ils montrent l’effet ou le résultat d’une action ou d’un événement. Vous pouvez notamment choisir :

Connecteurs d’opposition

Ils introduisent une idée qui contraste avec ce qui précède. Pour montrer un contraste ou une contradiction, vous pouvez utiliser :

Connecteurs de concession

Les connecteurs de concession introduisent une opinion qui contredit partiellement l’idée principale de la phrase. Ils prouvent une forme d’honnêteté intellictuelle, vu que vous acceptez un point avant d’introduire une opinion contradictoire. Pour reconnaître un point tout en continuant à argumenter, vous pouvez utiliser :

Connecteurs d’addition

Les connecteurs d’addition ajoutent des informations ou des arguments supplémentaires. Ils semblent simples et interchangeables, mais « de plus », « par ailleurs » et « en outre » ne sont pas des synonymes, et leur confusion affaiblit la logique d’un texte.

Il existe de nombreux connecteurs d’addition. Pensez au simple « et », mais aussi à « qui plus est », « sans compter que », « à cela s’ajoute » ou « également ». « De plus » et « en outre » appraissent en bonne place dans les textes générés par IA (ce qui n’a rien d’étonnant en soi). Donc, si vous souhaitez éviter que vos contenus soient assimilés à des contenus IA, je vous recommande de varier les connecteurs d’addition en utilisant « par ailleurs », « à cela s’ajoute », « qui plus est », etc.

Connecteurs d’illustration

Les connecteurs d’illustration introduisent un exemple pour rendre une idée concrète. Selon leur utilisation, ils peuvent donner une impression d’imprécision ou au contraire, d’argumentation bien construite et ancrée dans le réel.

Parmi les autres connecteurs d’illustration, on trouve « ainsi », « tel que », « c’est ainsi que » ou « comme l’illustre ». Notez que « ainsi » peut autant illustrer que conclure, et son double rôle crée parfois des ambiguïtés.

Connecteurs de reformulation

Les connecteurs de reformulation permettent de clarifier ou de reformuler une idée. Ils sont particulièrement utiles pour les textes pédagogiques et techniques.

Parmi les autres connecteurs de reformulation, on trouve aussi « pour le dire autrement » ou « à savoir ». Notez que la reformulation ne doit pas être un cache-misère pour une explication floue ou une phrase ambiguë. Si vous avez besoin de reformuler trois fois la même idée, c’est souvent le signe qu’il faut reprendre la phrase d’origine, pas l’affubler d’informations complémentaires.

Connecteurs de condition

Les connecteurs de condition introduisent une hypothèse ou une condition nécessaire pour que quelque chose se produise. Employez « à condition que », « pourvu que », ou « au cas où » lorsque vous souhaitez exprimer une condition ou parler de quelque chose qui pourrait se produire.

Parmi les autres connecteurs de condition, on trouve « à moins que », « dans l’hypothèse où », « sauf si », « en admettant que » ou « en supposant que ». Le choix du mode verbal (subjonctif, conditionnel, indicatif) après ces connecteurs peut être une source d’erreur, alors vérifiez à chaque fois. Et aussi lorsque vous utilisez l’IA, car ces outils sont entraînés sur des textes en anglais, et supposer qu’ils maîtrisent les subtilités de la grammaire française est hasardeux.

Connecteurs de but

Les connecteurs de but expriment l’intention ou l’objectif d’une action. Ils répondent à la question « pour quoi faire ? », alors que les connecteurs de cause répondent à « pourquoi ? ».

Parmi les autres connecteurs de but, on trouve « dans le but de », « dans l’intention de » ou « en vue de ». Ces formules appartiennent au registre formel ou administratif.

Connecteurs de restriction

Les connecteurs de restriction limitent la portée d’une affirmation. Concrètement, ils signalent qu’une règle, une idée ou une conclusion ne s’applique pas dans tous les cas. Contrairement aux connecteurs d’opposition, ils ne contredisent pas, ils délimitent.

Parmi les autres connecteurs de restriction, on trouve « uniquement », « hormis », « mis à part », « en dehors de », « sans préjuger de » ou « sous réserve que ».

Connecteurs d’alternative

Les connecteurs d’alternative proposent un choix entre plusieurs options. Le choix du connecteur dépend du degré d’exclusivité entre les choix proposés.

Parmi les autres connecteurs d’alternative, on trouve « d’un côté… de l’autre », « l’un… l’autre » ou « que… que ».

Connecteurs de comparaison

Les connecteurs de comparaison comparent deux idées ou situations pour en montrer les similitudes ou les différences.

Parmi les autres connecteurs de comparaison, on trouve « par rapport à », « davantage que », « plus… que », « moins… que », « autant que » ou « tel que ». Notez que « comme » et « tel que » ne sont pas interchangeables : « tel que » introduit des exemples concrets après une affirmation générale, alors que « comme » établit une similitude directe entre deux éléments.

Connecteurs de temps

Les connecteurs de temps situent une série d’événements dans le temps, les uns par rapports aux autres (simultanéité, antériorité, postériorité, durée). Ils peuvent affecter la perception de votre récit ou de votre raisonnement.

Parmi les autres connecteurs de temps, on trouve « depuis que », « dès que », « tandis que », « au moment où », « alors que », « enfin », « ensuite » ou « aussitôt que ».

Connecteurs de classification ou énumération

Les connecteurs de classification organisent les informations en les ordonnant ou en les hiérarchisant. Ils apportent de la structure et de la rigueur à vos contenus.

Parmi les autres connecteurs de classification, on trouve « avant tout », « de prime abord », « pour commencer » ou « pour terminer ».

Connecteurs d’explication

Les connecteurs d’explication clarifient ou développent une idée ou un concept. Contrairement aux connecteurs de reformulation, ils apportent une information nouvelle qui éclaire ce qui précède.

Parmi les autres connecteurs d’explication, on trouve « à ce sujet », « à cet égard », « mentionnons que » ou « notons/notez que ».

Connecteurs de conclusion

Les connecteurs de conclusion signalent la fin d’un argument ou d’une discussion. Ils récapitulent, synthétisent ou tirent le bilan de ce qui précède.

Il existe des dizaines de connecteurs de conclusion. Au hasard : « en fin de compte », « quoi qu’il en soit », « en définitive », « au total », « en résumé », « pour tout dire », « pour conclure », « en un mot »… Le problème, c’est que les IA les adorent tous (sauf « bref », on l’a dit). Elles ne peuvent pas s’empêcher d’introduire leurs conclusions avec un connecteur de conclusion (ce qui a du sens, c’est vrai). Mais si vous voulez que votre texte apparaisse comme 100 % human made, vous avez intérêt à formuler directement votre idée de clôture, sans connecteur.

Le tableau des connecteurs logiques (mais pas que)

Dans ce tableau, vous trouverez aussi des marqueurs du discours. C’est une catégorie plus large d’éléments qui permettent de structurer un discours oral pour signaler son introduction ou sa conclusion, attirer l’attention du public, exprimer des opinions, etc. Vu que les textes rédigés pour le web doivent être conversationnels, les marqueurs du discours peuvent aussi être utilisés à l’écrit pour guider le lecteur. D’où leur présence ici.

Le PDF des connecteurs logiques


Les connecteurs logiques ont le pouvoir de transformer un texte désordonné en écrit fluide et cohérent. En les utilisant judicieusement, vous guidez vos lecteurs à travers vos idées pour mieux les informer ou les convaincre. Après avoir téléchargé la liste, n’hésitez pas à découvrir d’autres techniques d’écriture sur le blog.

Poursuivez votre lecture avec les plus récents articles