Les connecteurs logiques sont le ciment d’un texte cohérent : ils guident le lecteur d’une idée à l’autre en signalant la relation logique entre elles (addition, opposition, cause, conséquence, illustration, concession, etc.).
En tant que correctrice, j’ai souvent reçu des textes écrits par des élèves soucieux d’écrire des phrases courtes, assimilant cela à des phrases claires. Le problème, c’est que cela résulte souvent en des paragraphes hachés, sans fil conducteur, où chaque idée flotte dans son coin. Le lecteur avance, mais il doit sans cesse reconstituer lui-même le lien entre les phrases. Franchement, c’est épuisant.
Ce que ces textes ont en commun ? L’absence quasi totale de connecteurs logiques.
Le malentendu est compréhensible. On a tellement entendu qu’il fallait « aller à l’essentiel », « supprimer les mots inutiles », qu’on finit par amputer aussi les mots de liaison, comme si « parce que », « pourtant » ou « c’est pourquoi » étaient du remplissage. Ils ne le sont pas. Ce sont des instructions de lecture. Ils disent au lecteur comment interpréter les mots qui suivent : est-ce une explication ? Une contradiction ? Une conséquence ?
Sans eux, le texte est court, mais difficile à suivre.
Un connecteur logique ne rallonge pas une phrase. (Ok, un peu, mais ce n’est pas important.) Il la rend lisible.
C’est pourquoi j’ai décidé de rassembler ici les principaux connecteurs logiques utilisés en français avec leurs nuances, leurs contextes d’usage et les erreurs les plus fréquentes. À garder sous la main lors de vos relectures.
C’est quoi, les connecteurs logiques ?
Les connecteurs logiques sont des mots ou des expressions qui relient des phrases ou des propositions pour exprimer des relations logiques entre elles.
Il peut s’agir de mots de liaison, de conjonctions, d’adverbes, de marqueurs discursifs, etc.
Ils permettent de structurer le texte, d’assurer la cohérence des idées et de guider le lecteur à travers le raisonnement de l’auteur.
Quelles sont les catégories de connecteurs logiques ?
Pour structurer efficacement vos écrits, il est essentiel de connaître les différentes catégories de connecteurs logiques. Au nombre de 15, chacune a un rôle précis, facilitant la transition et la compréhension de vos idées : cause, but, conséquence, restriction, opposition, addition, alternative, comparaison, concession, conclusion, reformulation, temps, condition, classification, explication et illustration.
Connecteurs de cause
Les connecteurs de cause expliquent pourquoi quelque chose se produit. Ils sont utilisés pour indiquer la raison ou la cause d’une action ou d’un événement. Il s’agit notamment de « parce que », « car », « puisque ». Mais attention, je vois trop souvent ces connecteurs utilisés comme des synonymes, alors qu’ils répondent à ces besoins spéciques.
- « Car » apporte une justification ou une explication qui peut laisser la place à la subjectivité ou l’interprétation. « Car » appartient aussi à un registre plus formel et ne devrait pas apparaître en début de phrase. Exemple : « Le taux de rebond a grimpé, car la page mettait 6 secondes à charger. »
- « Parce que » introduit une cause directe et objective. Il n’y a pas de place pour le doute ou l’interprétation. Placé en début de phrase, « parce que » répond à un « pourquoi » explicite. Exemple : « Il n’a pas pu jouer, parce qu’il s’est cassé la jambe. »
- « Puisque » introduit une cause considérée comme une évidence, une explication que personne ne remet en doute. Exemple : « Puisque la terre est ronde, après avoir fait le tour du monde, on rentre à la maison ». (Oui, c’est une interprétation libre des paroles d’Orelsan 😜.)
Parmi les autres connecteurs de cause, on trouve « faute de », « grâce à », « du fait que », « en raison de » et « étant donné que ». Mais attention, si vous êtes attentif aux textes générés par les IA, vous vous rendrez vite compte que les deux derniers sont surexploités, en particulier par ChatGPT. Il est préférable de les remplacer par « car » ou « parce que », plus simples, mais moins stylés IA.
Connecteurs de conséquence
Ils montrent l’effet ou le résultat d’une action ou d’un événement. Vous pouvez notamment choisir :
- « Donc » : il s’agit du connecteur le plus utilisé pour introduire une conséquence ou une conclusion logique et immédiate. Ce n’est pas le plus raffiné, mais il s’adapte aussi bien au registre soutenu que familier. Exemple : « L’artcle était de faible qualité et trop court, donc il n’a apporté aucun trafic. »
- « Par conséquent » : plus formel que « donc », il insiste davantage sur le lien de causalité entre la cause et la conséquence que sur la conséquence en tant que telle. Il était parfait pour les écrits professionnels… jusqu’à ce que ChatGPT débarque sur le marché et commence à en abuser 😅. Exemple : « Malgré la modification des URLs, aucune redirection n’a été mise en place. Par conséquent, le site a perdu 40 % de son trafic. »
- « C’est pourquoi » : il présente une conséquence en insistant sur la justification. Il appartient donc au registre argumentatif. Vous ne vous contentez pas de constater un résultat, vous expliquez le pourquoi de ce résultat. Idéal lorsque vous voulez convaincre ou orienter l’action du lecteur. Exemple : « Le persona n’a pas été défini en amont. C’est pourquoi le contenu ne convertit pas. »
- « Si bien que » : il introduit une conséquence en insistant sur le degré d’intensité de cette conséquence. Pour le paraphraser, vous pourriez dire « cet évènement s’est produit au point que… ». Il est donc parfaitement adapté aux données chiffrées. Exemple : « Elle a répondu à chaque avis client si bien que sa note est passée de 3,2 à 4,7 étoiles en trois mois. »
- « Dès lors » : il introduit une conséquence qui change durablement une situation. Plus rien ne sera jamais comme avant. Exemple : « Donald Duck a gagné les élections. Dès lors, le professeur Ludwig von Drake a fui à l’étranger. »
- « Il s’ensuit que » : formel et rare, il présente la conséquence comme une conclusion logique du raisonnement qui précède. Il est donc adapté aux raisonnements développés et aux articles de fond. C’est un signal d’expertise dont les IA sont friandes (mais les lecteurs un peu moins). Il s’ensuit que l’utiliser de façon exagérée pourrait nuire à la lisibilité, à l’empathie et à toutes ces qualités appréciées par les humains. Bref, ça sonne pédant.
- « Du coup » : bonne nouvelle ! C’est l’une des rares utilisations correctes de « du coup », à condition que la conséquence dont il est question soit directe ou immédiate. Exemple : « Il a perdu son ballon. Du coup, il a pleuré. »
Connecteurs d’opposition
Ils introduisent une idée qui contraste avec ce qui précède. Pour montrer un contraste ou une contradiction, vous pouvez utiliser :
- « Mais » : universel et passe-partout, il convient à tous les registres. Mais il est aussi terriblement banal. De plus, il n’introduit pas une nuance, mais une opinion contraire. Le « mais » place la phrase dans la confrontation d’idées. Exemple : « Il veut que je vienne, mais je n’ai pas envie. »
- « Or » : il introduit un fait nouveau et inattendu qui modifie drastiquement le raisonnement précédent. Il ne peut donc pas être utilisé à la place de « mais », car il n’exprime pas une opposition directe, plutôt un élément nouveau qui change la donne. Il est apprécié des IA, car il donne une aura d’expertise au contenu. Exemple : « Le contenu a été optimisé pour un mot-clé à fort volume. Or, l’intention de recherche de ce mot-clé est purement informationnelle, pas transactionnelle. »
- « Cependant » : il introduit une restriction ou un bémol à ce qui précède. Ce n’est donc pas une opposition telle que celle créée par l’usage du « mais » ; c’est une limite. Exemple : « Les fruits sont bons pour la santé. Cependant, en consommer de trop peut occasionner des problèmes digestifs. »
- « En revanche » : il marque une opposition nette et équilibrée entre deux éléments de même nature, mais sans les hiérarchiser. Il se contente de les mettre en parallèle, ce qui le rend particulièrement efficace pour les comparatifs et les analyses. Exemple : « Les contenus génériques n’attirent plus autant de trafic. En revanche, les textes experts gardent une excellente visibilité sur le Web. »
- « Néanmoins » : il reconnaît la validité partielle de ce qui précède avant d’introduire une nuance ou une limite. Il peut généralement se substituer à « cependant ». Exemple : « Les conjonctions de coordination ne doivent pas être placées en début de phrase. Néanmoins, c’est souvent le cas. »
- « Pourtant » : il admet la validité de ce qui précède avant de s’y opposer. Il est donc à mi-chemin entre « mais » (opposition totale) et « cependant » (nuance), et il est souvent utilisé avec une dimension émotionnelle, comme si l’auteur était affecté par cette contradiction (à la place de simplement la constater). Exemple : « Il n’est pas venu. Pourtant, j’avais tout préparé pour son arrivée. »
Connecteurs de concession
Les connecteurs de concession introduisent une opinion qui contredit partiellement l’idée principale de la phrase. Ils prouvent une forme d’honnêteté intellictuelle, vu que vous acceptez un point avant d’introduire une opinion contradictoire. Pour reconnaître un point tout en continuant à argumenter, vous pouvez utiliser :
- « Bien que » : généralement utilisé en début de phrase, il introduit un fait réel et admis, avant d’introduire un autre fait réel, mais contradictoire (ou une opinion contraire). Notez qu’il est toujours suivi du subjonctif (si vous avez un doute, dites tout haut « Bien que je suis »). Exemple : « Bien que le trafic ait doublé, les conversions venant du trafic organique restent limitées. »
- « Malgré » : il introduit une concession factuelle et neutre, sans émotion. Il est suivi d’un nom ou d’un groupe nominal, pas d’une proposition. Exemple : « Malgré les mises à jour de Google, le site a pu maintenir son trafic. »
- « Quand bien même » : il permet de neutraliser une objection avant qu’elle ne soit formulée et ne laisse pas de place à la nuance. Il s’utilise davantage en début de phrase. Exemple : « Quand bien même Google modifierait ses algorithmes, la qualité du contenu resterait un avantage compétitif. » Lors de mes corrections, je le vois souvent écrit « comme bien même », ce qui est une erreur.
- « Même si » : il introduit une concession qui porte sur quelque chose de réel, d’imaginaire ou d’incertain. C’est donc un connecteur très flexible. Exemple : « Même si l’IA peut générer du contenu rapidement, une révision humaine reste nécessaire pour assurer la crédibilité du contenu. »
Connecteurs d’addition
Les connecteurs d’addition ajoutent des informations ou des arguments supplémentaires. Ils semblent simples et interchangeables, mais « de plus », « par ailleurs » et « en outre » ne sont pas des synonymes, et leur confusion affaiblit la logique d’un texte.
- « De plus » ajoute une idée dans le même registre que ce qui précède. C’est une simple accumulation, sans changement de perspective. Exemple : « Le titre est mal optimisé. De plus, la meta description est vide. »
- « Par ailleurs » peut introduire une idée complémentaire qui s’inscrit dans la même logique que l’idée qui précède, auquel cas il est synonyme de « de plus ». Mais il peut aussi introduire une idée distincte, une nuance ou un changement de perspective, auquel cas il ne peut pas se substituer à « de plus ». Exemple : « Nous avons réglé le problème de la densité de mots-clés. Par ailleurs, nous devons aborder les problèmes de maillage interne. »
- « En outre » est un quasi-synonyme de « de plus », mais il est plus formel. Exemple : « Le contenu est trop court pour couvrir le sujet sérieusement. En outre, aucune source n’est citée. »
Il existe de nombreux connecteurs d’addition. Pensez au simple « et », mais aussi à « qui plus est », « sans compter que », « à cela s’ajoute » ou « également ». « De plus » et « en outre » appraissent en bonne place dans les textes générés par IA (ce qui n’a rien d’étonnant en soi). Donc, si vous souhaitez éviter que vos contenus soient assimilés à des contenus IA, je vous recommande de varier les connecteurs d’addition en utilisant « par ailleurs », « à cela s’ajoute », « qui plus est », etc.
Connecteurs d’illustration
Les connecteurs d’illustration introduisent un exemple pour rendre une idée concrète. Selon leur utilisation, ils peuvent donner une impression d’imprécision ou au contraire, d’argumentation bien construite et ancrée dans le réel.
- « Par exemple » est universel et neutre et permet d’introduire un cas concret. Son seul problème est qu’il est tellement courant qu’il n’est pas vraiment stylé. Il est banal, mais néanmoins efficace, alors on le garde ! Exemple : « Certaines pages d’e-commerce convertissent sans texte élaboré. Par exemple, les fiches produit d’Apple misent exclusivement sur le visuel et les spécifications techniques. »
- « Notamment » introduit une liste non exhaustive d’éléments (sélectionnés parmi d’autres). Il ne doit pas être confondu avec « c’est-à-dire », qui fournit une explication, alors que « notamment » fournit des exemples. Exemple : « Plusieurs signaux d’autorité sont sous-exploités, notamment les citations d’experts et les études originales. »
- « Comme en témoigne » introduit une preuve ou une donnée qui vient étayer l’affirmation précédente. C’est un connecteur puissant pour les textes argumentatifs. Exemple : « L’importance des contenus écrits par des experts progresse, comme en témoigne la corrélation entre l’expertise démontrée dans le texte et la visibilité sur les LLMs documentée par l’équipe de recherche du MIT. »
- « C’est le cas de » isole un exemple précis et nommé. Il est particulièrement efficace pour les exemples sectoriels ou les cas d’entreprise. Exemple : « Certains secteurs ont vu leur trafic organique divisé par deux après les AI Overviews. C’est le cas de la santé et de la finance personnelle. »
Parmi les autres connecteurs d’illustration, on trouve « ainsi », « tel que », « c’est ainsi que » ou « comme l’illustre ». Notez que « ainsi » peut autant illustrer que conclure, et son double rôle crée parfois des ambiguïtés.
Connecteurs de reformulation
Les connecteurs de reformulation permettent de clarifier ou de reformuler une idée. Ils sont particulièrement utiles pour les textes pédagogiques et techniques.
- « C’est-à-dire » permet de reformuler en explicitant ou développant un terme technique en langage accessible. Son but n’est pas de simplifier une phrase peu claire, mais d’apporter une information qui l’explique. Exemple : « Cette page souffre de cannibalisation, c’est-à-dire que deux URL du même site se concurrencent sur le même mot-clé. »
- « Autrement dit » est similaire à « c’est-à-dire », mais ce connecteur est davantage utilisé pour vulgariser ou exemplifier une idée abstraite. Exemple : « Le contenu est trop générique. Autrement dit, il ne répond à aucune intention de recherche précise. »
- « En d’autres termes » est l’équivalent formel d’« autrement dit ». Il s’utilise dans un contexte professionnel, en particulier à l’écrit. Exemple : « La page a un problème d’E-E-A-T. En d’autres termes, Google ne perçoit pas l’expertise de l’auteur. »
- « Soit » introduit une équivalence ou une précision immédiate. Typique du registre soutenu, il est utilisé dans les écrits juridiques, techniques ou académiques. Exemple : « Il manque un élément décisif à cette page, soit un appel à l’action visible avant la ligne de flottaison. »
Parmi les autres connecteurs de reformulation, on trouve aussi « pour le dire autrement » ou « à savoir ». Notez que la reformulation ne doit pas être un cache-misère pour une explication floue ou une phrase ambiguë. Si vous avez besoin de reformuler trois fois la même idée, c’est souvent le signe qu’il faut reprendre la phrase d’origine, pas l’affubler d’informations complémentaires.
Connecteurs de condition
Les connecteurs de condition introduisent une hypothèse ou une condition nécessaire pour que quelque chose se produise. Employez « à condition que », « pourvu que », ou « au cas où » lorsque vous souhaitez exprimer une condition ou parler de quelque chose qui pourrait se produire.
- « Si » est le plus courant et le plus neutre. Il pose une condition simple, sans jugement sur sa probabilité. Exemple : « Si le brief n’est pas validé avant vendredi, la publication devra être retardée. »
- « À condition que » est plus restrictif que « si », car il pose une condition sine qua non, sans laquelle rien n’est possible. Il est toujours suivi du subjonctif. Exemple : « Cette stratégie fonctionne à condition que les équipes marketing et commerciales soient alignées. »
- « Pourvu que » introduit une condition qui ressemble davantage à un souhait qu’à une condition ferme. Il implique une forme d’espoir ou d’inquiétude. Il est aussi toujours suivi du subjonctif. Exemple : « L’IA peut être un excellent outil de création de contenu, pourvu qu’un humain intervienne dans le processus de révision avant publication. »
- « Pour peu que » introduit une condition minimale ; il en faut peu pour que quelque chose se produise. Il est toujours suivi du subjonctif. Exemple : « Il est possible de doubler le trafic vers un article pour peu qu’on optimise le titre SEO et les balises Hn. »
Parmi les autres connecteurs de condition, on trouve « à moins que », « dans l’hypothèse où », « sauf si », « en admettant que » ou « en supposant que ». Le choix du mode verbal (subjonctif, conditionnel, indicatif) après ces connecteurs peut être une source d’erreur, alors vérifiez à chaque fois. Et aussi lorsque vous utilisez l’IA, car ces outils sont entraînés sur des textes en anglais, et supposer qu’ils maîtrisent les subtilités de la grammaire française est hasardeux.
Connecteurs de but
Les connecteurs de but expriment l’intention ou l’objectif d’une action. Ils répondent à la question « pour quoi faire ? », alors que les connecteurs de cause répondent à « pourquoi ? ».
- « Pour » est le plus simple et le plus universel. Il introduit l’objectif directement et fonctionne dans tous les registres. Il y a toutefois une nuance importante : il exprime effectivement le but lorsqu’il est suivi d’un infinitif (Il a volé pour manger), mais il peut exprimer la cause lorsqu’il est suivi d’un nom (Il a été licencié pour faute grave). Exemple : « Il a refondu sa page de vente pour améliorer le taux de conversion. »
- « Afin de » est le synonyme formel de « pour » et se prête davantage aux écrits professionnels. Il est toujours suivi d’un infinitif. Exemple : « Afin de répondre aux nouvelles exigences de Google, la structure du site a été entièrement revue. »
- « Afin que » fonctionne comme « afin de », mais il introduit une proposition avec un sujet différent de celui de la principale. Il est toujours suivi du subjonctif. Exemple : « Le brief a été fourni rapidement afin que l’équipe puisse démarrer sans délai. »
- « De peur que » introduit un but négatif et implique une forme de crainte ou d’appréhension. Il indique qu’on veut éviter quelque chose. Il est suivi d’un subjonctif et de la négation (explétif). Sa variante, « de peur de », est suivie d’un infinitif. Exemples : « Elle a tout documenté de peur que le client ne conteste les choix éditoriaux. » ou « Elle a tout documenté de peur de voir ses choix éditoriaux contestés par le client. »
Parmi les autres connecteurs de but, on trouve « dans le but de », « dans l’intention de » ou « en vue de ». Ces formules appartiennent au registre formel ou administratif.
Connecteurs de restriction
Les connecteurs de restriction limitent la portée d’une affirmation. Concrètement, ils signalent qu’une règle, une idée ou une conclusion ne s’applique pas dans tous les cas. Contrairement aux connecteurs d’opposition, ils ne contredisent pas, ils délimitent.
- « Sauf » exclut un cas précis du champ de ce qui vient d’être dit. Exemple : « Toutes les articles ont été mis en ligne, sauf celui sdur les connecteurs logiques. » Attention à ne pas confondre le connecteur de restriction (sauf) avec celui d’opposition (sauf que), un connecteur familier qui introduit une contradiction, pas une restriction.
- « Excepté » est l’équivalent (un peu plus) formel de « sauf ». Exemple : « L’ensemble du contenu a été mis à jour, excepté les articles publiés au cours des 3 derniers mois. »
- « À moins que » peut être considéré comme un connecteur de condition et un connecteur de restriction, car il introduit une restriction conditionnelle. Autrement dit, l’affirmation qui le précède est vraie (et le reste), sauf dans le cas où une condition particulière se réalise. Vu que la réalisation de cette condition est incertaine, le verbe qui suit est toujours au subjonctif. Exemple : « Ce plan est viable, à moins que le budget soit réduit de moitié en cours de route. »
- « Sous réserve de » est un connecteur typique du langage juridique, mais il peut être utilisé dans d’autres contextes formels. Il signale que l’affirmation est valable, mais que des conditions ou des vérifications supplémentaires s’imposent. Exemple : « La refonte du site commencera en janvier, sous réserve d’acceptation du budget par la direction. »
Parmi les autres connecteurs de restriction, on trouve « uniquement », « hormis », « mis à part », « en dehors de », « sans préjuger de » ou « sous réserve que ».
Connecteurs d’alternative
Les connecteurs d’alternative proposent un choix entre plusieurs options. Le choix du connecteur dépend du degré d’exclusivité entre les choix proposés.
- « Ou » est un connecteur courant et flexible qui se prête à tous les registres. Il permet de présenter deux choix (voire plus, mais ce n’est pas idéal) représentés par des mots de même nature (nom, verbe, etc.). Exemple : « Tu peux envoyer l’article par email ou le télécharger sur le cloud. »
- « Soit… soit » introduit deux options mutuellement exclusives. Cette formulation est plus tranchée (et formelle) que « ou », car elle pose clairement que le choix d’une option exclut irrémédiablement l’autre. Exemple : « Soit on publie maintenant le texte généré par l’IA, soit on attend la révision du copywriter. »
Parmi les autres connecteurs d’alternative, on trouve « d’un côté… de l’autre », « l’un… l’autre » ou « que… que ».
Connecteurs de comparaison
Les connecteurs de comparaison comparent deux idées ou situations pour en montrer les similitudes ou les différences.
- « Comme » établit une similitude directe, sans hiérarchie ni jugement. Flexible, il s’adapte à tous les registres. Exemple : « Cet article est structuré comme une dissertation ; avec une thèse, une antithèse et une synthèse. »
- « De même que » crée un parallélisme entre deux situations ou deux comportements. Relativement formel, il s’utilise peu dans les articles web. Exemple : « De même qu’un architecte ne commence pas sans plan, un rédacteur ne devrait pas écrire sans une structure d’article. »
- « Contrairement à » établit une distinction claire et directe entre deux élements. Exemple : « Contrairement à ce que l’on croit souvent, un texte court ne se rédige pas plus vite qu’un texte long. »
- « À l’instar de » compare en prenant un modèle comme référence. Il est idéal pour rattacher une idée, un produit ou une technique à un exemple connu (et reconnu). Exemple : « À l’instar de Wikipedia, notre site est un projet collaboratif sur lequel tout utilisateur enregistré peut créer du contenu. »
Parmi les autres connecteurs de comparaison, on trouve « par rapport à », « davantage que », « plus… que », « moins… que », « autant que » ou « tel que ». Notez que « comme » et « tel que » ne sont pas interchangeables : « tel que » introduit des exemples concrets après une affirmation générale, alors que « comme » établit une similitude directe entre deux éléments.
Connecteurs de temps
Les connecteurs de temps situent une série d’événements dans le temps, les uns par rapports aux autres (simultanéité, antériorité, postériorité, durée). Ils peuvent affecter la perception de votre récit ou de votre raisonnement.
- « Quand » et « lorsque » introduisent une simultanéité temporelle ou une coincidence. Exemple : « Lorsque le champ sémantique est riche, les mots-clés sont moins importants. »
- « Avant que » indique qu’une action précède une autre. Elle est toujours suivie d’un subjonctif, car l’action n’est pas encore réalisée. Elle peut s’accompagner d’un « ne » explétif dans le registre soutenu. Exemple : « Valide le texte avant que le copywriter ne le mette en ligne. »
- « Après que » indique qu’une action suit une autre. En théorie, vu que l’action est réalisée, ce connecteur devrait être suivi de l’indicatif, mais l’utilisation du subjonctif est tellement répandue qu’elle est tolérée. Cela dit, en tant que rédacteur, utilisez l’indicatif (et oui, vous risquez d’entendre votre client vous accuser de faire des fautes 😅). Exemple : « Après qu’ils ont fini la refonte du site, le trafic organique a chuté de 30 %. »
- « Pendant que » indique que deux actions se déroulent en même temps, sur une certaine période. Exemple : « Pendant que l’équipe marketing travaille au lancement du produit, l’équipe éditoriale anticipe les contenus nécessaires. »
Parmi les autres connecteurs de temps, on trouve « depuis que », « dès que », « tandis que », « au moment où », « alors que », « enfin », « ensuite » ou « aussitôt que ».
Connecteurs de classification ou énumération
Les connecteurs de classification organisent les informations en les ordonnant ou en les hiérarchisant. Ils apportent de la structure et de la rigueur à vos contenus.
- « Premièrement… deuxièmement… troisièmement » est la structure la plus explicite. Elle convient pour les listes d’étapes, les classements ou les démonstrations… Autrement dit, tout ensemble d’éléments ordonnés. En revanche, elle ne peut pas être utilisée pour les éléments non ordonnés. Exemple : « Premièrement, fais un audit éditorial des pages existantes. Deuxièmement, identifie le contenu faible ou mal optimisé. Troisièmement, passe aux mises à jour en priorisant selon e potentiel de trafic. »
- « D’abord… ensuite… enfin » est la version plus narrative et moins formelle de la structure précédente. Elle est parfaite pour organiser les éléments dans un texte explicatif ou pédagogique. Exemple : « D’abord, définis l’intention de recherche. Ensuite, structure le plan. Enfin, rédige en partant du titre. »
Parmi les autres connecteurs de classification, on trouve « avant tout », « de prime abord », « pour commencer » ou « pour terminer ».
Connecteurs d’explication
Les connecteurs d’explication clarifient ou développent une idée ou un concept. Contrairement aux connecteurs de reformulation, ils apportent une information nouvelle qui éclaire ce qui précède.
- « À savoir » introduit une liste ou un détail précis après une affirmation générale. Exemple : « Il manque trois éléments essentiels à cette page, à savoir un titre optimisé, une meta description et un appel à l’action visible. »
- « De cette façon » et « de cette manière » expliquent non pas ce que quelque chose est, mais comment elle fonctionne ou quel est son résultat. Exemple : « Il a mis son lit face à la fenêtre. De cette façon, il peut voir la mer. »
Parmi les autres connecteurs d’explication, on trouve « à ce sujet », « à cet égard », « mentionnons que » ou « notons/notez que ».
Connecteurs de conclusion
Les connecteurs de conclusion signalent la fin d’un argument ou d’une discussion. Ils récapitulent, synthétisent ou tirent le bilan de ce qui précède.
- « Donc » présente une conclusion logique qui découle directement de ce qui précède, raison pour laquelle il s’agit aussi d’un connecteur de conséquence. Exemple : « Le contenu est trop générique, le maillage inexistant et le titre SEO mal optimisé , donc la page ne peut pas bien se positionner. »
- « Ainsi » introduit la synthèse de ce qui précède lorsqu’il est utilisé dans une conclusion. Il n’apporte pas d’informations ou d’enseignements supplémentaires, il résume. Exemple : « Ainsi, la qualité rédactionnelle reste essentielle pour la visibilité des contenus à l’ère des AI overviews. »
- « En conclusion » annonce explicitement qu’on clôt le développement. Très courant dans les écrits académiques, scolaires et… générés par IA (sans doute en raison de leurs données d’entraînement). Il n’a jamais vraiment eu sa place dans les écrits web ou professionnels. Mais désormais, il est à fuir de crainte de passer pour une IA. Exemple : « En conclusion, aucune de ces techniques ne produit de résultats durables sans une stratégie éditoriale cohérente. »
- « En somme » résume en condensant. À l’instar de « ainsi », il synthétise l’essentiel de ce qui précède sans en tirer de conséquences ou d’enseignements. Exemple : « En somme, trois leviers expliquent la sous-performance de cette page : l’intention de recherche mal ciblée, le contenu trop mince et l’absence de backlinks. »
- « Bref » rappelle l’essentiel de ce qui précède sans entrer dans le détail. Il suppose que le lecteur a suivi le raisonnement (et non scanné les h2). Plutôt oral, il peut aussi être utilisé dans les textes conversationnels, mais il peut sembler désinvolte à certains. Je l’utilise sans doute de trop, mais à ma décharge, je n’ai jamais vu une IA l’utiliser, c’est toujours ça. Exemple : « Bref, sans rédacteur compétent, pas de contenu performant. »
Il existe des dizaines de connecteurs de conclusion. Au hasard : « en fin de compte », « quoi qu’il en soit », « en définitive », « au total », « en résumé », « pour tout dire », « pour conclure », « en un mot »… Le problème, c’est que les IA les adorent tous (sauf « bref », on l’a dit). Elles ne peuvent pas s’empêcher d’introduire leurs conclusions avec un connecteur de conclusion (ce qui a du sens, c’est vrai). Mais si vous voulez que votre texte apparaisse comme 100 % human made, vous avez intérêt à formuler directement votre idée de clôture, sans connecteur.
Le tableau des connecteurs logiques (mais pas que)
Dans ce tableau, vous trouverez aussi des marqueurs du discours. C’est une catégorie plus large d’éléments qui permettent de structurer un discours oral pour signaler son introduction ou sa conclusion, attirer l’attention du public, exprimer des opinions, etc. Vu que les textes rédigés pour le web doivent être conversationnels, les marqueurs du discours peuvent aussi être utilisés à l’écrit pour guider le lecteur. D’où leur présence ici.
| Pour accepter (une opinion, une thèse) | Pour affirmer |
|---|---|
| À coup sûr Admettons que Bien entendu Bien sûr C’est vrai Certes De toute évidence Évidemment Il est vrai que Il va de soi que Sans aucun doute | À vrai dire Effectivement En fait En réalité En vérité Justement Même Quoi qu’on en dise |
| Pour ajouter (une idée, un argument) | Pour révéler une cause |
|---|---|
| Ainsi que Aussi D’abord D’ailleurs D’un côté/d’un autre côté D’une part/d’autre part De même De même que De plus De surcroît Également En outre Ensuite Et Et même Non seulement … mais Encore Par ailleurs Parallèlement Pour ce qui est de Puis Sans compter que | À cause de À force de À la suite de Attendu que Car Comme Compte tenu Dans la mesure où D’autant plus que Du fait que En effet En raison de Étant donné que Eu égard à Effectivement Faute de Grâce à Par Par suite de Parce que Pour Puisque Sous prétexte que Vu que |
| Pour établir une alternative | Pour exprimer un but |
|---|---|
| D’un côté… de l’autre D’une part… d’autre part L’un… l’autre Ou Ou bien Ou… ou Seulement… mais encore Soit… soit Tantôt… tantôt | Afin que À cette fin À cet effet Dans ce but Dans l’intention de De crainte de De façon que De peur que Pour Pour que De sorte que |
| Pour classifier ou énumérer | Pour concéder |
|---|---|
| Au premier abord Avant tout De prime abord Dès lors que D’une part Deuxièmement En deuxième lieu En dernier lieu En premier lieu En second lieu En troisième lieu Pour conclure Premièrement Quant à Tout d’abord | Bien sûr Ce n’est pas que Certes En dépit de Évidemment Il est vrai que Malgré Même si Quoique |
| Pour comparer | Pour conclure |
|---|---|
| Ainsi que À l’instar de Aussi Autant (de)… que Comme (si) Comparativement à Conformément à Contrairement à Davantage De la même façon que De même que En comparaison de En conformité avec Moins (de)… que Non moins que Pareillement Par rapport à Plus (de)… que Plus que Selon que Semblablement Si bien que Tant Tant que Tel | Ainsi À tout prendre Aussi Au total Bref C’est pourquoi D’où Dans l’ensemble Donc En conclusion En définitive En d’autres termes En fin de compte En résumé En somme En un mot Par conséquent Pour cette raison Pour conclure Pour terminer Pour tout dire Quoi qu’il en soit Tout bien considéré Tout compte fait |
| Pour poser une condition, émettre une hypothèse ou une supposition | Pour illustrer |
|---|---|
| À condition que À la condition que À moins que À supposer que Au cas où Dans l’éventualité où Dans l’hypothèse où Dans le cas où Dans la mesure où En admettant que En cas de En supposant que Même si Pour peu que Pourvu que Probablement Sans doute Si | À l’image de À l’instar de Ainsi C’est ainsi que C’est comme C’est le cas de Ceci évoque Ceci fait penser à Ceci rappelle Ceci ressemble à Ceci se rapproche de Comme Comme l’illustre Comme le souligne En effet En particulier Entre autres Notamment Par exemple Tel que |
| Pour exclure, poser une exception | Pour contester |
|---|---|
| À moins que Ceci annule Ceci diffère de Ceci exclut Excepté Excepté que Hormis Hors que Malgré que Nonobstant Sauf que Sauf si Si ce n’est | Au Contraire Cependant En Fait En Réalité En Revanche En Vérité Néanmoins Pourtant Toutefois |
| Pour révéler une conséquence | Pour expliquer |
|---|---|
| Aussi Alors Ainsi Au point de/que À tel point que Ceci entraîne/implique C’est ainsi que C’est pourquoi Conséquemment De ce fait De façon/manière/sorte que De telle façon que Dès lors Donc Du coup D’où En conséquence Il s’ensuit que Par conséquent Par suite Partant Pour ces motifs Puisque Si bien que Tant et si bien que Tellement que | À savoir C’est-à-dire Soit… À ce propos À ce sujet À cet égard En matière de Il est à noter que Mentionnons que Notamment Notons que De cette façon De façon à De manière à Pour ce faire Pour cela |
| Pour restreindre, atténuer (une idée) | Pour émettre une opinion |
|---|---|
| Cependant En dehors de Excepté Hormis Mis à part Néanmoins Par exception Sans parler de Sans préjuger Sauf Sous réserve Uniquement | À mon avis À mon sens D’après (moi) Il me semble Personnellement Pour ma part Quant à moi Selon moi |
| Pour refuter, s’opposer | Pour organiser dans le temps |
|---|---|
| Alors que Au contraire Cependant D’un autre côté D’une part…d’autre part En dépit de En revanche Malgré Même si Néanmoins Or Pourtant | Alors/Avant/Après (que) Au moment où D’abord Tandis/Depuis que En même temps que Enfin Ensuite Lorsque Pendant que Puis Subséquemment |
Le PDF des connecteurs logiques
Les connecteurs logiques ont le pouvoir de transformer un texte désordonné en écrit fluide et cohérent. En les utilisant judicieusement, vous guidez vos lecteurs à travers vos idées pour mieux les informer ou les convaincre. Après avoir téléchargé la liste, n’hésitez pas à découvrir d’autres techniques d’écriture sur le blog.

