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Rédaction optimisée

5 enseignements des neurosciences pour améliorer vos textes

Vous ĂŞtes rĂ©dacteur web ou copywriter et cherchez Ă  perfectionner votre art ? Vous devriez vous intĂ©resser aux neurosciences sociales. Les rĂ©actions humaines, et les relations sociales qui en dĂ©coulent, correspondent Ă  des phĂ©nomènes neuronaux et hormonaux bien rĂ©els. 

Les Ă©tudes de ces processus biologiques ont encore beaucoup de choses Ă  nous apprendre, mais dans l’immĂ©diat, je vous propose de vous pencher sur l’organisation du texte. 

En rédigeant et structurant les informations d’une façon bien précise, vous pouvez en améliorer l’assimilation, la mémorisation et l’acceptation. Voici 5 enseignements des neurosciences à utiliser pour la rédaction de vos articles informatifs et textes de vente.

1. PrĂ©parer le lecteur 

Vous ne savez jamais comment introduire un article ? Les neurosciences peuvent vous aider : expliquez au lecteur ce qu’il va apprendre. 

Pourquoi ? Parce qu’un lecteur informĂ© de ce qu’il va apprendre sera dans des conditions idĂ©ales pour comprendre et retenir les informations qui suivent. 

Et ce n’est pas uniquement valable pour les textes Ă©ducatifs. Les neurosciences donnent aussi une nouvelle lecture de l’utilisation de la formule AIDA. La première Ă©tape est d’attirer l’attention du public, et pour ce faire, vous annoncez gĂ©nĂ©ralement le bĂ©nĂ©fice principal de l’offre. Ce bĂ©nĂ©fice sera aussi la clĂ© de lecture pour consulter le reste du support de vente : le prospect aura Ă©tĂ© mis dans un Ă©tat d’esprit favorable par rapport Ă  l’offre.  

2. Mettre les informations importantes Ă  la fin 

Vous ne parvenez jamais Ă  retenir tous les Ă©lĂ©ments d’une liste, sauf les quelques derniers Ă©lĂ©ments citĂ©s ? Ne vous en faites pas, nous sommes tous concernĂ©s par ce phĂ©nomène appelĂ© “effet de rĂ©cence” par les psychologues. 

Les informations récentes sont stockées dans notre mémoire à court terme pour quelques secondes, ce qui explique aussi qu’elles ont plus de poids dans la prise de décision que les informations plus lointaines.

Cela doit guider votre rédaction : placez les informations importantes à la fin des paragraphes, des listes, et en particulier avant l’appel à l’action. Ainsi, rappelez toujours le ou les bénéfices principaux de votre offre juste avant le bouton de call to action.

Lorsque vous diffusez des informations importantes pour l’audience, rĂ©pĂ©tez-les rĂ©gulièrement dans le texte, en variant la formulation. C’est la seule façon pour qu’elles soient retenues par le public, en particulier lors de la lecture d’un long texte. 

L’effet de récence explique aussi l’intérêt d’une conclusion. Vous vous demandez s’il est bien utile de répéter dans la conclusion les informations déjà présentes dans le texte ? La réponse est “oui” si vous souhaitez que le lecteur les retienne.

3. Exploiter la causalité

Il semble que le cerveau humain soit programmĂ© pour dĂ©tecter des relations de cause Ă  effet, cela fait partie de notre processus de survie. La causalitĂ© nous permet aussi de retenir et accepter une information plus facilement. 

Transformez vos phrases en micro-rĂ©cits de cause Ă  effet pour les rendre plus simples Ă  lire et mĂ©moriser. 

De plus, vous n’aimez probablement pas qu’on vous dise quoi penser, certainement sans vous expliquer pourquoi. Et il en va de même pour tout le monde. En expliquant au public les facteurs et raisons qui vous ont conduit à une conclusion, vous lui donnez aussi l’opportunité d’effectuer sa propre analyse. Cela renforcera sa confiance, son engagement et son adhésion à vos théories.

4. Cacher les informations délicates au milieu du texte

Vous savez maintenant qu’introduire le sujet permet au lecteur d’être plus attentif. Vous savez également qu’il se rappelle plus facilement des informations placées à la fin d’un texte ou d’un paragraphe. Dès lors, vous savez aussi où vous devez cacher les aspects moins sympathiques de votre communication : en plein milieu d’un paragraphe ou d’un texte.

Le seul objectif de votre texte est de transmettre une information dĂ©cevante ou agaçante (vous avez besoin d’un dĂ©lai supplĂ©mentaire pour terminer votre mission, vous ne pouvez plus travailler avec un client, etc.) ? 

  • Dans ce cas, commencez par un paragraphe neutre pour ne pas mettre le lecteur dans des conditions dĂ©favorables. N’oubliez pas que le premier paragraphe influencera les Ă©motions du lecteur, et que ces Ă©motions agiront ensuite comme une lentille dĂ©formante pour analyser le reste du texte.
  • Vous pouvez ensuite entamer le deuxième paragraphe avec une justification rationnelle de la mauvaise nouvelle Ă  transmettre. Ce faisant, vous utilisez l’effet de causalitĂ© et permettez au lecteur de mieux comprendre et accepter l’information. Vous enchaĂ®nez par la mauvaise nouvelle Ă  transmettre en la plaçant au milieu du deuxième paragraphe. Vous ne voulez Ă©videmment pas laisser le lecteur sur cette dĂ©sagrĂ©able impression, donc vous remonter progressivement son moral : dans la dernière phrase du paragraphe, vous embrayer sur les avantages Ă©ventuels que vous pouvez lui offrir.
  • Terminez par une conclusion courte, positive et tournĂ©e vers l’avenir destinĂ©e Ă  faire oublier ce moment dĂ©sagrĂ©able au lecteur. 

5. Éviter la voix passive

Je ne vous apprends rien : vous devez privilégier la voix active lorsque vous rédigez, en particulier sur le Web où la lecture est plus difficile en raison du support. La voix passive rend la lecture plus laborieuse.

Ce que vous ne savez peut-ĂŞtre pas, c’est pourquoi. 

Nous nous attendons Ă  ce que l’ordre des Ă©lĂ©ments d’une phrase corresponde Ă  l’ordre logique de leur apparition : le sujet, indispensable, apparaĂ®t en premier. Il effectue ensuite une action sur un objet. 

Commencer par l’objet implique une gymnastique cérébrale : pour comprendre la phrase, vous devez garder en mémoire l’objet, puis l’action. Ce n’est que lorsque vous arrivez au sujet que les éléments du puzzle peuvent se mettre en place. Inévitablement, la lecture est plus lente.

Neurosciences et rédaction : à retenir

Yellowlees Douglas, auteur de The Reader’s Brain: How Neuroscience Can Make You a Better Writer, résume 3 de ces 5 enseignements des neurosciences de cette façon : « Dites-leur ce que vous allez leur apprendre, apprenez-le-leur, puis rappelez-leur ce que vous venez de leur apprendre. »

C’est exactement ce qui est prĂ©conisĂ© dans le secteur de la formation : vous devez expliquer aux Ă©tudiants l’objet du cours, entrer dans le vif du sujet et ensuite clĂ´turer en rappelant les enseignements essentiels. 

Le domaine de la formation a d’ailleurs beaucoup de choses Ă  nous apprendre pour amĂ©liorer notre façon de communiquer et de toucher une audience, mais cela fera sans doute l’objet d’un autre article. 

Dans l’immĂ©diat, retenez ceci : 

  • PrĂ©parez le lecteur en lui expliquant la raison et l’intĂ©rĂŞt de votre article.
  • Utilisez l’effet de rĂ©cence en plaçant les Ă©lĂ©ments les plus importants Ă  la fin.
  • Cachez les informations dĂ©sagrĂ©ables au milieu du texte.
  • Utilisez la causalitĂ© pour obtenir la comprĂ©hension et l’adhĂ©sion.
  • Évitez la voix active qui ralentit la comprĂ©hension d’une phrase.

Sources :