Utiliser les Pronoms Personnels en Rédaction Professionnelle

Vous, moi, lui, elle… les pronoms personnels se glissent dans nos textes presque par réflexe. On les utilise sans trop y penser, souvent en suivant des codes implicites de notre secteur. Par exemple, on évite le « je » dans les articles scientifiques pour ne pas paraître subjectif, tandis que le « vous » et le « tu » abondent dans les pages de vente pour engager le lecteur. Et le pauvre « on » ? Il a souvent mauvaise réputation et est rarement invité. Mais au-delà de ces conventions, les pronoms personnels jouent un rôle crucial dans la manière dont votre message est perçu.

Si ces petits mots sont si importants, c’est parce qu’ils influencent le ton d’un texte et façonnent la perception du lecteur. Ils peuvent exprimer l’intimité ou la distance, la formalité ou la familiarité, l’inclusion ou l’exclusion. En bref, ils connectent, ils persuadent. Bien utiliser les pronoms personnels, c’est un peu comme apprendre à jongler : cela demande de la pratique, mais les résultats peuvent être impressionnants. Plongeons ensemble dans les subtilités de l’usage des pronoms personnels en rédaction professionnelle.

NB : Pour simplifier, nous parlerons surtout des pronoms personnels sujets (je, tu, il, etc.), mais les mêmes principes s'appliquent aux pronoms compléments (me, te, le, etc.) et toniques (moi, toi, lui, etc.).

L’impact des pronoms personnels sur le ton d’un article

Tous les experts en rédaction persuasive le diront : utiliser le « vous » est essentiel pour créer une connexion avec vos lecteurs. Mais se limiter à ce pronom serait réducteur. Vous avez certainement travaillé dur pour affiner votre style et transmettre des émotions, de la persuasion ou une opinion. Pourquoi ne pas explorer l’usage d’autres pronoms personnels pour enrichir encore plus vos écrits ?

Voyons en détail l’impact de chaque catégorie de pronoms personnels sur vos écrits.

Pronoms de la première personne : intimité et inclusion

Utiliser les pronoms de la première personne (« je » et « nous »), c’est partager une expérience personnelle, des opinions ou une perspective unique. Le « je » donne une voix individuelle à l’auteur, tandis que le « nous » représente une voix collective, comme celle d’une entreprise.

Quel est l’impact des pronoms de la première personne ?

Pourquoi utiliser les pronoms de la première personne ?

Leur utilisation permet de :

Quels sont les risques liés à l’utilisation du « je » et du « nous » ?

Les pronoms de la première personne ont donc de nombreux avantages. Mais aussi des inconvénients :

Quand utiliser les pronoms de la première personne ?

Ils sont parfaits pour les articles de blog, les emails, et toute communication nécessitant une touche personnelle. Cependant, ils ne conviennent pas aux documents techniques, rapports de recherche ou analyses où l’objectivité est essentielle.

Pronoms de la deuxième personne : engagement direct et persuasion

Les pronoms de la deuxième personne, comme « vous » et « tu » mettent le lecteur à l’honneur. Ils attrapent le lecteur et le forcent à participer, transformant ainsi un monologue en une conversation dynamique. Vous avez peut-être remarqué à quel point ces petits mots peuvent rendre un texte plus engageant et persuasif. Mais pourquoi et comment utiliser ces pronoms ? Voyons cela ensemble !

Quel est l’impact des pronoms de la deuxième personne ?

En utilisant le « vous » ou le « tu », vous obligez le lecteur à participer mentalement au contenu qu’il lit. Il s’investit davantage dans le message, ce qui peut provoquer une réponse émotionnelle plus forte et une persuasion plus efficace.

Pourquoi utiliser les pronoms de la deuxième personne ?

Quels sont les risques liés à l’utilisation du « tu » et du « vous » ?

La clé est de doser correctement l’utilisation de ces pronoms, en tenant compte du contexte et des attentes de votre audience. Par exemple, un lecteur fidèle acceptera plus facilement le « vous » qu’un nouveau visiteur. De même, sur des sujets sensibles, un ton plus neutre est souvent préférable.

Quand utiliser les pronoms de la deuxième personne ?

Les pronoms de la deuxième personne sont parfaits pour les communications marketing telles que :

Mais n’oubliez pas, même des documents plus formels comme les conditions générales de vente ou des notices d’utilisation peuvent bénéficier de touches de « vous » pour rendre la lecture plus engageante.

Pronoms de la troisième personne : objectivité et distance

Pierre angulaire des écrits professionnels et académiques, les pronoms de la troisième personne (« il », « elle », « ils », « elles ») créent une aura d’objectivité et de formalisme. Grâce à eux, le rédacteur peut transmettre des informations, des arguments et des conseils sans s’impliquer directement.

Quel est l’impact des pronoms de la troisième personne ?

Ces pronoms introduisent une distance entre le texte et le rédacteur. Ce qu’il écrit semble impartial et neutre, ce qui renforce la crédibilité et l’autorité de l’écrit. Imaginez lire un rapport scientifique. Vous préférez probablement des phrases comme « Il a été observé que… » plutôt que « Je pense que… ».

Pourquoi utiliser les pronoms de la troisième personne ?

Les objectifs suivants peuvent être atteints par l’utilisation des pronoms de la troisième personne :

Quels sont les risques liés à l’utilisation du « il/elle » et du « ils/elles » ?

Si les pronoms de la troisième personne sont essentiels à l’objectivité, ils peuvent aussi poser des problèmes :

Quand utiliser les pronoms de la troisième personne ?

Ces pronoms sont indispensables dans les contextes suivants :

Les rédacteurs utilisent automatiquement ces pronoms dans les contextes formels. Souvent, ils ne s’en rendent même pas compte. Cet automatisme peut rendre le texte aride lorsqu’il contient exclusivement des pronoms de la troisième personne. Pour donner plus d’attrait à ces textes, utilisez les pronoms consciemment et n’hésitez pas à en employer d’autres tels que le « vous » ou le « nous » lorsque le texte s’y prête.

Ton et choix des pronoms : un exercice d’équilibre

Vous l’aurez compris, le choix des pronoms est stratégique. Pour un ton formel, privilégiez la troisième personne. Pour une approche plus personnelle, préférez la première ou la deuxième personne.

Choisissez les pronoms les plus appropriés en prenant en compte :

Mélange des pronoms personnels dans le texte

Un pronom par point de vue

Les pronoms personnels doivent clarifier, non compliquer, un message. Dès lors, évitez de mélanger les points de vue pour maintenir la clarté du texte. À cet égard, chaque pronom personnel représente un point de vue :

Mélanger ces points de vue peut rendre le texte inutilement complexe. Par exemple :

« Hormis lorsque quelqu’un (3e personne) rédige un rapport de recherche, vos (2e personne) écrits doivent être brefs et directs. Vous (2e personne) devez utiliser des phrases courtes et des moins efficaces comme nous (1re personne) le faisons dans nos (1re personne) articles. »

Règles pour panacher

Dans certains cas, il est possible de mélanger les points de vue au sein d’un texte. Pour il est impératif de respecter certaines règles pour éviter de complexifier l’écrit.

Cohérence

Conscience

Pertinence

Contrôle

Le cas particulier du pronom indéfini « on »

Un pronom multi-usages

Le pronom indéfini « on » est souvent boudé à l’écrit, pourtant il a ses usages. Généralement, vous l’utilisez pour remplacer « nous » ou pour exprimer des vérités universelles. Mais ce n’est pas sa seule utilisation. Il peut aussi remplacer le « vous » ou d’autres pronoms, ou servir à mettre une phrase passive à l’actif.

Par exemple :

Une mauvaise réputation

Malgré ses multiples applications, les rédacteurs l’utilisent peu, car :

Pour la réhabilitation du « on »

Devez-vous l’utiliser dans un rapport de recherche ou un contrat ? De toute évidence, non. Il est trop vague. Pas assez formel.

Mais lorsque vous rédigez un écrit « conversationnel », pourquoi s’en priver ? Une ou deux occurrences du « on » suffisent à apporter cet élément familier et sympathique qui transforme le texte en dialogue avec le lecteur.

Je vous conseille d’envisager l’usage du « on » dans les cas suivants :

Les pronoms neutres

Impossible d’écrire un article consacré à l’usage des pronoms personnels sans mentionner les pronoms neutres ou non binaires qui appartiennent à l’écriture inclusive. N’ayant pas d’expertise à ce sujet, cette section sera courte et pourrait manquer de précision. N’hésitez pas à consulter des sources plus exhaustives sur le sujet pour en savoir plus.

De nouveaux pronoms

Dans un souci d’inclusivité de la langue, des néopronoms ont été créés : « ol », « ul », « ael », etc. La langue évoluant apparemment plus vite que la société, aucun de ces pronoms n’est formellement reconnu. Pourtant, l’un d’eux semble se démarquer, au point qu’il est entré dans le dictionnaire : iel ou iels.

Ce pronom de la troisième personne peut être utilisé pour désigner des personnes, indépendamment de leur genre. « iel » s’utilise au singulier et « iels », au pluriel. Voici un exemple : « Les membres du personnel, lorsqu’iels entrent en fonction, doivent signer un contrat de travail. »

L’utilisation du « iel »

La question de son utilisation est délicate. Actuellement, les formes les plus discrètes d’écriture inclusive (formulations épicènes ou neutres) sont en train de devenir la norme. Elles sont utilisées par la plupart des entreprises dans un souci (sincère ou affecté) de non-discrimination.

En revanche, les pronoms personnels non binaires (dont le « iel ») sont moins répandus. Vu les attaques dont ils font l’objet, leur utilisation relève quasiment d’un acte militant. Ils doivent donc être utilisés par les entreprises pour lesquelles l’inclusivité est l’une des valeurs fortes, voire une mission sociale. Ils permettent alors de superposer un message « partisan » au message principal du texte. Ils servent de cri de ralliement pour la communauté de l’entreprise.

Bien sûr, les autres entreprises peuvent aussi les utiliser, à condition :


Du classique « vous » au « iel » audacieux, les pronoms offrent un monde de possibilités aux rédacteurs professionnels. Mélangez, expérimentez et trouvez enfin la voix et le ton qui conviennent à votre personnalité et à votre audience.

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