Le parallélisme syntaxique consiste à utiliser une structure grammaticale identique pour présenter des idées de même importance au sein d’une phrase ou d’une énumération. En répétant la même construction (par exemple, une suite de verbes à l’infinitif ou une série de groupes nominaux), vous créez un rythme régulier qui facilite la mémorisation et rend le texte plus harmonieux. Cette technique renforce la clarté de vos écrits professionnels en soulignant visuellement et logiquement les liens entre vos différents arguments.
Assis devant votre écran, vous relisez votre écrit. Pour la quatrième fois. Et toujours, il sonne faux. Vos yeux saignent, vous vous impatientez. Vous avez envie de tout envoyer bouler. Comme d’autres avant vous. Poètes ou écrivains, tous ont connu ce sentiment d’impuissance face à un texte cacophonique. Une figure de style leur a permis de rétablir l’harmonie. C’est le parallélisme. Il crée la symétrie. Il rend la communication plus claire. Plus mémorable. Esthétiquement plus agréable. Il augmente la puissance du message. Vous pouvez aussi utiliser le parallélisme en rédaction professionnelle. Et rendre vos textes plus percutants. Voici comment.
Qu’est-ce que le parallélisme ?
Définition du parallélisme en littérature
Le parallélisme est une figure de style qui consiste à répéter plusieurs fragments de texte (syntagmes, phrases, vers, etc.) dont la construction syntaxique ou la sonorité sont similaires.
Les extraits suivants permettent d’illustrer le parallélisme et son influence sur le texte :
« Démons et merveilles,
Vents et marées,
Au loin déjà la mer s’est retirée. »
(Sables mouvants de Jacques Prévert)
« […], mais parce que la colline, et les harnais, et la boue et la diligence étaient tous si lourds […]. » (Un Conte de deux cités de Charles Dickens)
« C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps ;
c’était l’âge de la sagesse, c’était l’âge de la folie ;
c’était l’époque de la foi, c’était l’époque de l’incrédulité ;
c’était la saison de la Lumière ; c’était la saison de l’Obscurité »
(Un Conte de deux cités de Charles Dickens)
« Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, rien ne se perdrait » Henri Estienne
« L’ironie blesse, l’humour guérit
L’ironie peut tuer, l’humour aide à vivre
L’ironie veut dominer, l’humour libère
L’ironie est impitoyable, l’humour est miséricordieux
L’ironie est humiliante, l’humour est humble »
(Petit traité des grandes vertus de André Comte-Sponville)
Vous avez pu vous apercevoir que le parallélisme est idéal pour créer des contrastes puissants, révéler des alternatives ou établir des comparaisons. C’est d’ailleurs son utilisation la plus fréquente. Mais les auteurs, qu’ils soient poètes ou écrivains, l’utilisent aussi pour :
- ajouter du rythme ;
- renforcer un jeu de mots ;
- insuffler de la symétrie et de l’harmonie ;
- mettre l’emphase sur des mots ou des émotions grâce à un effet d’insistance, voire de martèlement (et…, et…, et…).
Le parallélisme recouvre plusieurs figures de style plus spécifiques (asyndète, anaphore, etc.) que je vous invite à découvrir… Une autre fois. Car l’objet de cet article est de savoir comment utiliser le parallélisme en rédaction professionnelle.
Le parallélisme en rédaction professionnelle
En plus d’ajouter du rythme et du contraste, le parallélisme a des vertus utiles pour écrire des articles web, des rapports, des manuels, des pages de vente et tout autre texte professionnel. Il améliore la compréhension du texte grâce à la cohérence et à la clarté créées par la répétition et la symétrie. Il aide le lecteur à comprendre les liens entre les idées d’un texte et à mettre l’accent sur certains points.
Pour faciliter la mise en pratique du parallélisme, je vous propose une définition plus simple : une unité syntaxique est parallèle lorsque tous les éléments qui la composent ont la même structure grammaticale — lorsqu’ils sont tous des noms communs ou des verbes, par exemple.
Selon cette définition simplifiée, les phrases suivantes sont parallèles :
- Lisa adore jouer au foot, au tennis et au badminton (3 noms)
- Anne adore lire, cuisiner et dormir (3 verbes)
- Elisa veut voyager par avion, train et bateau. (3 noms partageant « par »)
En revanche, les phrases suivantes sont déséquilibrées et donc, moins efficaces :
- Elisa veut voyager par avion, train et par bateau.
- Elisa veut voyager par avion, par train et puis prendre le bateau.
L’objectif de cet article n’est pas de vous transformer en Baudelaire ou Dickens, mais de vous permettre de créer des textes fluides et équilibrés grâce à l’utilisation du parallélisme :
- dans les titres ;
- dans les phrases ;
- dans les listes.
Le parallélisme dans les titres
L’organisation des titres dans un contenu web
Avant de plonger dans le parallélisme, il est important de comprendre la hiérarchie des titres et des sous-titres présents dans un document ou une page web.
Tout contenu, qu’il soit en ligne ou sur un document, contient des titres et des sous-titres organisés par niveau dont le but est de structurer l’information.
| Niveau | Titre HTML | Correspondance Word et Google Doc |
|---|---|---|
| Titre de niveau 1 | <h1>Titre</h1> | Titre 1 |
| Titre de niveau 2 | <h2>Titre</h2> | Titre 2 |
| Titre de niveau 3 | <h3>Titre</h3> | Titre 3 |
| Titre de niveau 4 | <h4>Titre</h4> | Titre 4 |
| Titre de niveau 5 | <h5>Titre</h5> | Titre 5 |
| Titre de niveau 6 | <h6>Titre</h6> | Titre 6 |
Le titre de niveau 1 correspond au titre le plus élevé d’une page web ou d’un document. Les niveaux de titre suivants correspondent à des sous-titres :
- Les titres de niveau 2 sont utilisés en tant que sous-titres principaux pour structurer les parties les plus importantes du contenu.
- Les autres titres (niveau 3 à 6) classifient les informations de moins importance.
Respecter la hiérarchie des titres facilite la compréhension du contenu par le lecteur. Mais ce n’est pas tout : en veillant au parallélisme des titres de même niveau, vous améliorez davantage cette compréhension.
Parallélisme des titres de même niveau
Il est important que la structure des titres d’un même niveau soit parallèle. Si vous décidez de commencer un titre de niveau 2 avec un verbe, alors tous les titres de niveau 2 devraient commencer par un verbe. Si vous décidez d’utiliser un nom commun, alors tous les titres du même niveau doivent contenir un nom commun. Idem si vous utilisez des interrogations.
Un exemple sera plus parlant. Voici deux exemples de structures pour un article dont le titre de niveau 1 est « Comment créer un contenu web ? ».
| Structure parallèle | Structure non parallèle |
|---|---|
| <h1>Comment créer un contenu web ?</h1> <h2>Faire des recherches</h2> <h2>Créer une structure</h2> <h2>Écrire un premier jet</h2> <h2>Corriger le texte</h2> <h2>Publier le contenu</h2> | <h1>Comment créer un contenu web ?</h1> <h2>Faire des recherches</h2> <h2>Création d’une structure</h2> <h2>Écrivez un premier jet</h2> <h2>Correction du texte</h2> <h2>Publier le contenu</h2> |
Dans le premier exemple, les titres de niveau 2 sont parallèles, car ils commencent par un verbe à l’infinitif, ce qui permet au lecteur de les repérer facilement et de suivre la logique du texte, comme il le ferait avec un mode d’emploi ou une recette de cuisine.
En revanche, les titres de niveau 2 du second exemple ne sont pas parallèles. Certains commencent par un infinitif, d’autres par un verbe conjugué ou encore par un nom. La structure semble désordonnée et plus difficile à suivre. Le résultat manque de professionnalisme.
Parallélisme des titres de différents niveaux
Les titres doivent utiliser la même structure au sein d’un même niveau. En revanche, entre niveaux différents, l’obligation de parallélisme ne s’applique pas. Les titres de niveau 3 ne doivent pas être structurés de la même façon que les titres de niveau 2. Voici un exemple complet :
<h1>Comment créer un contenu web ?</h1>
<h2> Faire des recherches</h2>
<h3>Où trouver des informations pertinentes ?</h3>
<h3>Comment choisir des informations utiles ?</h3>
<h3>Comment citer ses sources ?</h3>
<h2> Créer une structure</h2>
<h3>Comment planifier le document ?</h3>
<h3>Quelles informations mettre avant la ligne de flottaison ?</h3>
<h3>Comment structurer une argumentation ?</h3>
<h2> Écrire un premier jet</h2>
<h3>Comment vaincre le syndrome de la page blanche ?</h3>
<h3>Comment écrire un article en un coup sans s’arrêter ?</h3>
<h3>Faut-il corriger au fur et à mesure de l’écriture ?</h3>
<h2> Corriger le texte</h2>
<h3>Comment corriger l’usage du français ?</h3>
<h3>Comment corriger la formulation du texte ?</h3>
<h3>Comment savoir que le texte est prêt pour publication ?</h3>
<h2> Publier le contenu</h2>
<h3>Quels éléments prendre en compte avant de publier un texte sur un CMS ?</h3>
<h3>Comment intégrer son texte sur un CMS ?</h3>
Le parallélisme au sein d’une phrase
Au début de cet article, nous avons vu l’utilisation du parallélisme par les écrivains dans les phrases. Ici, il n’est pas question de prouesses littéraires. Ici, il est question de créer de la cohérence et du rythme au sein d’un texte professionnel grâce au parallélisme.
Souvent, lorsque vous rédigez, vous devez unir plusieurs éléments d’une phrase en utilisant une conjonction ou un connecteur logique. Ce faisant, vous connectez ces éléments et leur attribuez une valeur similaire en les mettant sur un pied d’égalité. C’est pourquoi vous devez respecter le parallélisme lorsque vous utilisez des conjonctions ou des connecteurs.
Autrement dit, vous devez utiliser la même structure grammaticale pour chaque élément. Si vous commencez par un nom, les autres éléments connectés grâce à la conjonction doivent être des noms aussi. Voici des exemples pour chaque type d’éléments pouvant être uni par une conjonction :
- Les noms : Ils ont affronté et la pluie et la grêle et le vent.
- Les adjectifs : Cela ne me fait ni chaud ni froid.
- Les verbes : Il ne veut plus ni dormir ni manger.
- Les compléments prépositionnels : Elle ne veut renoncer ni à son salaire ni à sa liberté.
- Les propositions : Soit il l’attrape, soit il le perd.
Voyez la différence dans un contexte professionnel :
- Phrase sans parallélisme : Les tâches de l’employé comprennent la prise de notes, préparer les réunions et l’archivage des documents.
- Phrase avec parallélisme : Les tâches de l’employé comprennent la prise de notes, la préparation des réunions et l’archivage des documents.
Le parallélisme des listes
De la même façon que pour des titres et les phrases, les éléments d’une liste doivent être parallèles. Si la liste commence par un nom commun, tous les éléments de la liste doivent commencer par un nom. Le mélange d’éléments grammaticaux différents doit être évité, car cela nuirait à la fluidité et au professionnalisme du texte.
Vous vous demandez peut-être jusqu’à quel point respecter le parallélisme dans les listes. Si le premier élément de la liste contient trois mots, les autres éléments doivent-ils aussi être composés de trois mots ?
L’obligation de parallélisme s’applique essentiellement au premier mot de chaque élément d’une liste. Si le premier tiret commence par un verbe à l’infinitif, les autres tirets devront aussi commencer par un infinitif. S’il commence par un nom commun, les autres doivent aussi débuter par un nom.
Lorsque le premier élément de la liste contient une phrase complète, le parallélisme impose que chaque tiret contienne aussi une phrase complète. En revanche, la longueur de ces phrases peut varier : une phrase peut être constituée d’un sujet, d’un verbe et de plusieurs compléments, alors qu’une autre ne contient qu’un sujet et un verbe.
Utiliser le parallélisme en rédaction professionnelle est indispensable pour renforcer la structure, la fluidité et l’élégance des écrits. Cette figure de style sert non seulement à embellir le texte, mais aussi à en clarifier et renforcer les arguments. Maîtriser le parallélisme est donc un atout pour les professionnels de la rédaction souhaitant écrire des textes persuasifs et percutants.

